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 Article de la TRIBUNE de l'ART

 

janvier 2012

 

 

2/1/12 - Restauration - Paris, Musée du Louvre - La restauration de la Sainte Anne de Léonard de Vinci fait une fois de plus polémique !


Nous étions au courant depuis le début du désaccord de Jean-Pierre Cuzin avec cette restauration, et nous savions également qu’il avait démissionné du Comité scientifique il y a environ un mois et demi. Si celui-ci ne souhaite pas s’exprimer à ce propos, des membres du comité nous ont confirmé son opposition de principe à un allégement des vernis. Jean-Pierre Cuzin a toujours dit qu’il appréciait le tableau dans son état antérieur à la restauration et qu’il voulait qu’on le conserve avec les coloris tels qu’ils étaient. Il a toujours été en retrait par rapport à cette opération qu’il aurait voulu strictement limiter au traitement des soulèvements et des taches. Aux yeux du Louvre et du C2RMF, sa démission, qu’il a voulu lui-même discrète, est d’une certaine manière logique.

 

Si nous avons appris la démission de Ségolène Bergeon Langle par l’article de Daphné Bétard sur le site Artclair, nous connaissions aussi son opposition aux travaux en cours. Celle-ci nous a confirmé ce qu’elle avait déjà dit au Guardian, à savoir qu’elle réservait ses explications au directeur du Louvre Henri Loyrette.

 

 En revanche, elle nous a affirmé ne jamais avoir prétendu que l’œuvre avait été trop nettoyée comme le dit le journal anglais dès le titre de son article, une information sensationnaliste largement reprise dans la presse internationale.

Toujours selon nos sources, lors de la deuxième et plus encore de la troisième réunion du comité scientifique, l’ensemble de ses membres, y compris Ségolène Bergeon Langle, aurait reconnu que les problèmes de restauration posés par la Sainte Anne n’étaient pas techniques mais esthétiques.

 
Trois points devaient cependant être résolus : la question des troncs à droite du tableau en partie peints au XIXe siècle par un restaurateur, celle de la partie inachevée entre le sol rocheux, traitée comme une ébauche gris brun, avec une sorte de ligne très dure dans l’horizon. Et enfin celle d’un blanchiment sur le corps de l’enfant que nous avions pu observer lors de la présentation à la presse.
Si la conservation des arbres a finalement été décidée par Vincent Pomarède comme il le laissait entendre à l’époque, et s’il a été logiquement choisi de ne pas toucher à la partie effectivement laissée inachevée par Léonard lui-même, il semble donc que la démission de Ségolène Bergeon Langle ait été motivée par la question du blanchiment sur le corps de l’enfant Jésus. A son propos pourtant, l’avis unanime, à la fois des membres du comité (à l’exception bien sûr de celui de Ségolène Bergeon Langle) et du laboratoire du C2RMF, est qu’il s’agissait d’un chancis caractérisé (c’est-à-dire de microfissures) sur un vernis assez récent, et qu’il fallait l’atténuer en l’amincissant (tout en conservant à cet endroit une épaisseur d’environ 6,5 microns).

 

Selon une de nos sources (nous n’avons pas vu le tableau depuis cette opération), cela a permis de « retrouver à cet endroit le modelé, la lumière, et la forme originale peinte par Léonard ».

 

Vincent Pomarède, qui n’a pas voulu s’exprimer sur le choix de Jean-Pierre Cuzin et Ségolène Bergeon Langle de quitter le comité scientifique, nous a cependant confirmé que ces démissions n’étaient pas vraiment des surprises, compte tenu de leurs positions au cours des dernières réunions. Il a souligné, ce qu’il avait d’ailleurs déjà dit lors de la présentation du tableau à la presse, qu’il souhaitait que ces commissions soient contradictoires afin d’éviter d’aboutir à un consensus mou. Dès lors qu’une décision est prise, en l’occurrence par lui, il est compréhensible que certains puissent décider de partir plutôt que de rester.


Le directeur du département des peintures nous a également indiqué que les allègements de vernis étaient désormais terminés et qu’une réunion de la commission de suivi de restauration aurait lieu demain mardi 3 janvier pour s’interroger sur les questions des retouches.

Voilà ce que nous pouvons dire, à l’heure actuelle, de ce dossier. Nous espérons que Ségolène Bergeon Langle, lorsqu’elle aura enfin rencontré Henri Loyrette, pourra nous donner sa version des faits.

English version

 

Didier Rykner, lundi 2 janvier 2012

 

 

 

 

Tag(s) : #Peinture

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