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La Joconde N°4 : Mona Lisa de Isleworth. 2012

Un tableau de Mona Lisa, dix ans plus jeune que celle qui est au Louvre, est actuellement exposée à Singapour. Léonard de Vinci l'aurait peinte pour le mari de Mona Lisa en 1503. Un travail préparatoire pour peindre la célèbre Joconde en 1513.

Sources : C'est ce qu'affirme la Fondation Mona Lisa : le célèbre peintre aurait fait deux Mona Lisa, à 10 ans d'intervalle.

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Article de Presse :

EXPO MONA LISA A SINGAPOUR- La Joconde avait-elle une sœur ?

Décidément, la réalité est aussi inventive que la fiction. Oublié le Da Vinci Code, l’affaire à suivre est celle de la « Mona Lisa de Isleworth ». Est-elle réellement une œuvre antérieure de la Joconde, ou bien une copie comme il y en a eu de nombreuses ? Pas besoin d’aller soulever les dalles de l’église Saint Sulpice pour se forger un avis. A l’initiative de la Fondation Mona Lisa, une exposition lui est consacrée à Singapour, en première mondiale, qui présente l’autre Mona Lisa, son incroyable histoire et celle des recherches et tests scientifiques réalisés pour valider son authenticité.

2012- Le monde apprend, médusé, l’existence d’une version antérieure de 10 ans du célébrissime tableau de Léonard de Vinci exposé au Louvre, depuis son acquisition en 1518. La « Mona Lisa de Isleworth », du nom de l’endroit ou résidait Hugh Blaker qui a redécouvert le tableau et en a fait l’acquisition en 1913, ressemble étonnamment à la Joconde, mais elle est plus jeune et le décor est sensiblement différent.

Comme tout ce qui touche à Léonard de Vinci, on est en plein mystère, du genre qui déchaîne les passions parmi les experts, par nature divisés sur les théories, les interprétations et sur ce qui peut ou ne peut pas être attribué au grand maitre de la Renaissance. Pour tenter de déterminer, de manière aussi irréfutable que possible, l’authenticité de l’œuvre et le fait que la Mona Lisa de Isleworth et la Joconde du Louvre sont bien du même artiste, la Fondation Mona Lisa n’a pas lésiné sur les moyens. Basée en Suisse, elle a ouvert largement ses locaux et ses moyens aux experts du monde entier, qui ont multiplié les recherches historiques et les tests scientifiques au cours des 35 dernières années. C’est le produit de ces recherches qui, avec le tableau lui-même, est au cœur de l’exposition « The earlier Mona Lisa » qui se déroule du 16 décembre au 11 février 2015 à The Arts House à Singapour.

Les recherches historiques ont mis en lumière plusieurs éléments.

En 2005, un manuscrit découvert à Heidelberg atteste de l’existence de 2 tableaux représentant la Joconde. Une découverte qui répond à la question des experts sur le fait que Léonard de Vinci aurait ou non, comme il l’avait fait pour d’autres tableaux comme "la vierge au rocher", réalisé plusieurs versions de la même œuvre. Le tableau lui-même apporte de nouveaux éclairages à des questions restées en suspens. Ainsi les colonnes en arrière plan de la « Mona Lisa de Isleworth », qui ne figurent pas dans le décor de la Joconde, permettent-elles d’expliquer la présence de colonnes dans un dessin réalisé par Raphaël, – La jeune femme au balcon, qui aurait pu être une copie de la première version de la « Joconde ».

Les tests scientifiques ont tenté par une série impressionnante de moyens techniques – datation au carbone, analyse spectrale, construction géométrique …- de determiner si l’œuvre pouvait bien être attibuée à Leonard de Vinci. Verdict : les deux œuvres – la Mona Lisa de Isleworth et la Joconde, au moins pour le visage, peuvent être l’œuvre du même artiste. Les chercheurs qui ont présidé aux travaux, parmi lesquels John Asmus, sont formels. 24 experts sur 27 en seraient convaincus. Ce qui, commentait un autre expert, JP Isbouts, constitue un niveau remarquable de consensus parmi les spécialistes de De Vinci qui ont l’habitude de ne s’entendre sur rien.

Reste l’œuvre elle-même et ce que, selon les propos du spécialiste de De Vinci JP Isbouts, ce que seul l’œil peut voir. Lui-même raconte comment il a été sidéré par la peinture, lorsqu’il a eu la chance de passer 2 heures d’intimité avec elle. La « Mona Lisa antérieure », indique-t-il n’a pas souffert. On y retrouve la luminosité intense du visage, la maitrise parfaite du clair obscur… Pour moi, devait-il déclarer, il a toujours été évident, sans l’ombre d’un doute, qu’il s’agissait d’une œuvre de Léonard de Vinci. Selon lui, ce tableau est d’une importance capitale. Il date d’une période, entre 1500 et 1507, dont il ne restait qu’une seule œuvre de Léonard de Vinci, par ailleurs très abimée. C’est le chaînon manquant entre les œuvres de Jeunesse du grand maitre florentin et les œuvres de la maturité. Il marque la volonté de Léonard de Vinci, dans l’expression des visages, de rompre avec l’austérité des peintres du Quatrocento

Pour autant, quels que soient les résultats des tests scientifiques et les conclusions des experts, ils ne parviennent pas à convaincre l’ensemble des sceptiques parmi les spécialistes de Léonard de Vinci ou de la communauté des Arts en général.

C’est sans doute ce qui donne un élément de piquant supplémentaire à cette exposition « the earlier Mona Lisa » qui se déroule à Singapour, avant de se poursuivre à Hong Kong puis d'entreprendre une tournée internationale: l'occasion de plonger dans l'univers des experts d'art, de leurs querelles et des impressionnants moyens pour se convaincre les uns les autres; celle aussi de saisir votre part du mystère et de forger votre propre opinion.

Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 17 décembre 2014

Tag(s) : #peinture

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